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Soufleur Wild-Tech - Appropriation des démarches low-tech par des élèves ingénieurs

Année

2024

Client

Wild-Tech School Lab

Rôle

Enseignant / Designer

Méthodes

Pédagogie par le projet

Dans le cadre d'un module de formation à l'innovation et à la mécanique à l'ESTIA, 120 étudiants ingénieurs alternants (Bac+4) ont travaillé sur la reconception low‑tech d'un souffleur pour four à céramique. Après une introduction à la démarche low‑tech, le projet leur a été présenté sous forme de brief. Organisés en groupes de sept, les étudiants ont suivi trois séances de quatre heures. La première, dédiée à l'idéation, mêlait brainstorming et utilisation d'outils de créativité (persona ou cartes low-tech) pour stimuler la divergence. La deuxième séance était consacrée à la convergence : chaque groupe développait l'une des idées sélectionnées à travers croquis, modélisations ou maquettes, afin d'en explorer la faisabilité. La troisième séance visait la finalisation et la présentation : en trois minutes, les étudiants devaient exposer leur concept, leurs choix et leur intégration de la démarche low‑tech, suivies de questions‑réponses.

Contexte : Wild-Tech School Lab

Le projet avait une visée pédagogique et opérationnelle autour d'un four particulier utilisé par la Wild‑Tech School Lab : inspiré des fours "baleine" traditionnels japonais, le système est un petit four en briques réfractaires fonctionnant au charbon et capable d'atteindre environ 1400 °C en moins de deux heures ; il ne possède pas de cheminée, ce qui supprime le tirage naturel et impose l'usage d'un souffleur pour alimenter la combustion. Le souffleur existant était jugé peu pratique, peu durable et en décalage avec les valeurs de l'école — qui cherche à renouer avec les savoir‑faire ancestraux de la cuisson au bois et à impliquer les potiers dans un geste collectif — le projet de reconception low‑tech s'est imposé comme un terrain pédagogique et exploratoire pertinent.

Enseignements

Les productions (schémas, modèles, présentations, motivations de choix) ont été collectées, tandis que les enseignants tenaient un journal d'observation documentant le processus. L'ensemble a permis d'observer comment les étudiants s'approprient — ou interprètent parfois de manière partielle — les principes low‑tech à travers un exercice de conception appliquée.

Les étudiants ont proposé une grande diversité de solutions pour le souffleur, allant d'options très simples et musculaires à des systèmes automatiques plus complexes, révélant une tension nette entre simplicité technique et réduction de l'effort utilisateur. Leur compréhension de la démarche low‑tech est apparue partielle : beaucoup ont valorisé l'efficience énergétique ou l'originalité, mais sans toujours intégrer la sobriété ou l'implication de l'utilisateur, pourtant centrales à l'approche low‑tech. L'exercice a toutefois confirmé le fort potentiel pédagogique de la low‑tech, qui stimule créativité, transversalité et engagement des élèves.

Cette expérience pédagogique à fait l'objet d'une publication au colloque S.Mart 2025.